Hépatite A : infection virale, prévention et durée de rétablissement

Hépatite A : infection virale, prévention et durée de rétablissement

L’hépatite A est une infection virale du foie qui commence souvent comme une simple grippe, mais qui peut vous laisser épuisé pendant des semaines. Contrairement à d’autres formes d’hépatite, elle ne devient jamais chronique. Vous ne restez pas porteur du virus pour la vie. Ce qui la rend dangereuse, c’est sa contagiosité extrême et le fait que vous pouvez la transmettre sans même savoir que vous êtes malade.

Comment vous contaminez-vous ?

Le virus de l’hépatite A (HAV) se propage surtout par la voie fécale-orale. Cela veut dire que vous l’attrapez en ingérant de la nourriture ou de l’eau contaminée par les selles d’une personne infectée. Ce n’est pas seulement une question d’hygiène dans les pays en développement. En 2022, aux États-Unis, 17 épidémies ont été liées à des aliments - principalement des légumes crus, des fruits ou des fruits de mer - préparés par des travailleurs infectés qui ne s’étaient pas lavé les mains après avoir utilisé les toilettes.

Le virus peut survivre des semaines sur des surfaces froides, comme les poignées de porte, les plans de travail ou les fruits. Il résiste à la chaleur, à l’acidité et même à certains désinfectants. Seul un mélange d’eau et de javel (5 à 10 cuillères à soupe par gallon) le tue en deux minutes. Le lavage des mains avec du savon et de l’eau, pendant au moins 20 secondes, réduit le risque de contamination de 30 à 50 %.

Combien de temps faut-il avant d’avoir des symptômes ?

Après avoir ingéré le virus, il faut en moyenne 28 jours pour que les premiers signes apparaissent. Mais cette période peut varier de 15 à 50 jours. Pendant ce temps, vous ne ressentez rien. Pourtant, vous êtes déjà contagieux. Le pic de contagiosité se produit deux semaines avant que vous ne développiez la jaunisse - c’est-à-dire avant même que vous ne sachiez que vous êtes malade.

La plupart des enfants de moins de 6 ans n’ont aucun symptôme. Ils ne jaunissent pas, ne se sentent pas malades. Mais ils peuvent propager le virus à leurs parents, à leurs enseignants, à leurs amis. Chez les adultes, en revanche, 70 à 80 % développent une jaunisse : la peau et les yeux deviennent jaunes, l’urine est foncée comme du thé, les selles sont pâles. C’est souvent à ce moment-là qu’on va chez le médecin.

Quels sont les symptômes réels ?

Les symptômes ne viennent pas un par un. Ils arrivent en vague. D’abord, une fatigue extrême - 91 % des adultes en souffrent. Ensuite, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements. Ensuite, une douleur dans le haut de l’abdomen, une fièvre légère, des douleurs articulaires. La jaunisse arrive après quelques jours. La plupart des gens pensent d’abord à une gastro-entérite. Un sondage du Mayo Clinic montre que 41 % des patients ont été mal diagnostiqués pendant 8 jours en moyenne.

Les chiffres sont précis : 68 à 94 % des personnes ont des urines foncées. 42 à 90 % perdent l’appétit. 30 à 60 % ont de la fièvre. Ces symptômes ne sont pas tous présents en même temps, mais ils se combinent pour vous rendre incapable de faire quoi que ce soit. Une étude sur le forum de la Hepatitis Foundation International a révélé que la fatigue était le symptôme le plus dévastateur - elle dure en moyenne 6,2 semaines.

Un homme se repose au lit, son foie guérit doucement, entouré de spirites de fatigue et de lumière dorée.

Combien de temps dure la maladie ?

La bonne nouvelle, c’est que vous allez vous rétablir. La mauvaise, c’est que ça prend du temps. La plupart des gens se sentent mieux après deux mois. Mais 10 à 15 % des adultes - surtout ceux de plus de 50 ans - connaissent des rechutes. Ils pensent être guéris, puis reprennent des nausées, de la fatigue, des douleurs. Chaque rechute dure 7 à 14 jours. Un patient sur trois rapporte avoir eu au moins une rechute.

Le foie met plus de temps à se remettre. Les enzymes hépatiques (ALT, AST) reviennent à la normale chez 80 % des patients en 12 semaines. Pour 95 %, c’est terminé en six mois. Mais pendant ce temps, vous ne devez pas boire d’alcool. Pas une goutte. Même un verre de vin peut ralentir la guérison.

Comment éviter de contaminer les autres ?

Si vous êtes malade, vous êtes contagieux pendant environ une semaine après l’apparition de la jaunisse. Après cela, le virus ne se trouve plus dans vos selles en quantité suffisante pour contaminer. Mais tant que vous avez des symptômes, vous devez :

  • Vous laver les mains avec du savon et de l’eau après chaque visite aux toilettes
  • Ne pas préparer de nourriture pour les autres
  • Éviter les rapports sexuels qui impliquent un contact oral-anal
  • Ne pas partager les serviettes, les couverts ou les produits d’hygiène

Les enfants peuvent retourner à l’école une semaine après l’apparition de la jaunisse, à condition qu’ils n’aient plus de fièvre ni de vomissements. Les adultes travaillant dans la restauration ou les soins de santé doivent attendre un avis médical et une confirmation que le virus n’est plus présent dans leurs selles.

La vaccination : la seule vraie protection

Il existe un vaccin contre l’hépatite A. Il est efficace à 95 % après la première dose, et à presque 100 % après la deuxième. Il est recommandé pour tous les enfants à partir de 1 an. Mais il est aussi crucial pour les adultes à risque : voyageurs dans les pays où l’hépatite A est courante, personnes vivant dans des zones de sans-abrisme, consommateurs de drogues injectables, personnes atteintes d’une maladie du foie chronique.

Le vaccin est administré en deux doses, espacées de 6 à 18 mois. Si vous avez été exposé au virus - par exemple, vous avez mangé dans un restaurant où un employé était infecté - vous pouvez recevoir le vaccin ou une injection d’immunoglobulines dans les deux semaines suivant l’exposition. Cela réduit le risque d’infection de 85 à 90 %.

Depuis 1995, la vaccination a fait chuter les cas aux États-Unis de 95 %. En 2025, les CDC prévoient moins de 5 000 cas par an, contre plus de 30 000 en 2019. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’une campagne de vaccination ciblée.

Des personnes reçoivent un vaccin contre l'hépatite A dans un centre médical automnal, sous des feuilles tombantes.

Que faire pendant la récupération ?

Il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus. Le corps se débarrasse de lui tout seul. Votre rôle, c’est de le soutenir.

  • Hydratez-vous. Buvez beaucoup d’eau. Les vomissements et la perte d’appétit vous déshydratent vite.
  • Mangez léger. Une alimentation faible en gras, entre 1 800 et 2 200 calories par jour, aide le foie à se reposer. Évitez les fritures, les sauces lourdes, les viandes grasses.
  • Évitez l’alcool et les médicaments toxiques. Même le paracétamol (acetaminophen) ne doit pas dépasser 2 000 mg par jour. Privilégiez les analgésiques non hépatotoxiques si nécessaire.
  • Reprenez l’activité progressivement. Marcher 30 à 45 minutes par jour, puis augmentez de 10 % chaque semaine. Le repos total n’est pas utile. Le mouvement doux aide à réduire la fatigue.

75 % des patients n’ont besoin que d’un suivi à domicile. Les 25 % restants - souvent les plus âgés ou ceux avec d’autres maladies - ont besoin de visites médicales régulières pour surveiller la récupération du foie.

Quand faut-il s’inquiéter ?

La plupart des gens guérissent sans problème. Mais dans 1 à 2 % des cas, surtout chez les adultes de plus de 50 ans ou ceux ayant déjà une maladie du foie, l’infection peut provoquer une insuffisance hépatique aiguë. C’est rare, mais grave. Les signes d’alerte : confusion, somnolence, saignements inhabituels, gonflement abdominal, jaunisse qui s’aggrave rapidement. Si vous avez ces symptômes, allez directement aux urgences.

Le taux de mortalité est de 0,1 % chez les enfants, mais il monte à 2,6 % chez les personnes de plus de 50 ans. Ce n’est pas une maladie à sous-estimer.

Le rétablissement : un retour progressif

Beaucoup pensent qu’après deux mois, tout est fini. Ce n’est pas tout à fait vrai. Vous pouvez vous sentir mieux, mais votre foie est encore en train de se réparer. C’est pourquoi il est important de ne pas reprendre une alimentation riche en gras ou en alcool trop vite. Une étude du Cleveland Clinic montre que 75 % des patients qui redeviennent actifs trop tôt reprennent des symptômes.

Le rétablissement n’est pas linéaire. Il y a des hauts et des bas. Des jours où vous avez de l’énergie, et d’autres où vous ne pouvez même pas vous lever. C’est normal. Écoutez votre corps. Ne vous comparez pas aux autres. Certains guérissent en 6 semaines. D’autres mettent 6 mois. Les deux sont normaux.

La clé, c’est la prévention. Le vaccin est simple, efficace et sûr. Une étude sur 45 000 enfants vaccinés a montré que 99,8 % n’ont eu que des douleurs légères au bras, qui ont disparu en moins de 48 heures. Il n’y a pas de risque réel. Seulement des bénéfices énormes.

Si vous avez déjà eu l’hépatite A, vous êtes immunisé à vie. Le virus ne revient pas. Mais vous pouvez encore contracter d’autres formes d’hépatite. La prévention reste essentielle.

L’hépatite A peut-elle devenir chronique ?

Non. Contrairement à l’hépatite B ou C, l’hépatite A ne devient jamais chronique. Le virus est éliminé complètement par le système immunitaire. Il ne laisse pas de traces durables dans le foie. Les personnes guéries ne deviennent jamais des porteurs du virus.

Puis-je attraper l’hépatite A deux fois ?

Non. Une fois que vous avez eu l’hépatite A, votre corps développe une immunité à vie. Vous ne pouvez pas être réinfecté. Le vaccin fonctionne de la même manière : il imite l’infection pour créer cette protection durable.

Le vaccin contre l’hépatite A est-il nécessaire si je ne voyage pas ?

Oui. Même si vous ne voyagez pas, l’hépatite A peut circuler localement, notamment dans les communautés à risque ou à travers des aliments contaminés. En France, les cas sont rares, mais les épidémies peuvent survenir. Le vaccin est recommandé pour tous les enfants à partir de 1 an, et pour les adultes à risque (personnes atteintes de maladies du foie, travailleurs de la santé, etc.).

Combien de temps faut-il pour que le vaccin soit efficace ?

La première dose protège à 95 % après 4 semaines. La deuxième dose, administrée 6 à 18 mois plus tard, assure une protection durable à presque 100 %. Pour un voyage imminent, une seule dose peut suffire à offrir une protection rapide, mais la deuxième dose est essentielle pour une protection à long terme.

Quand puis-je reprendre le travail après une hépatite A ?

Vous pouvez reprendre le travail une semaine après l’apparition de la jaunisse, à condition que vous n’ayez plus de fièvre, de nausées ni de vomissements. Si vous travaillez dans la restauration, les soins ou l’éducation, vous devrez obtenir une attestation médicale confirmant que vous n’êtes plus contagieux. Le virus n’est plus présent dans vos selles après cette période.

2 Commentaires
  1. Fabien Papleux

    J’ai eu l’hépatite A en 2019 après un voyage au Maroc. J’ai cru que c’était une gastro, puis j’ai commencé à ressembler à un citron. 6 semaines de fatigue totale. Le vaccin, c’est la seule chose qui m’aurait sauvé la vie. Faites-le. Point.

  2. Fabienne Blanchard

    Ce que j’adore dans ce post, c’est qu’il parle de la fatigue comme d’une montagne, pas comme d’un simple malaise. C’est pas juste ‘je suis fatigué’ - c’est ‘je ne peux pas tenir une tasse de café sans que mes bras tremblent’. Et puis, cette idée que le corps se répare lentement… c’est presque poétique. On oublie que la guérison n’est pas un bouton ‘on/off’.

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